Lettre ouverte au Maire : quand la reconnaissance s’arrête aux discours

La CGT rend publique cette lettre ouverte adressée à Monsieur le Maire de Colombes, concernant la situation d’une collègue, Directrice de crèche, dont le contrat n’a pas été renouvelé après qu’elle a alerté sur des conditions de travail devenues dangereuses pendant la canicule.

Les faits

Fin juin 2026, la collectivité a connu un épisode de canicule exceptionnel, en vigilance rouge, avec des pics allant jusqu’à 40°C — et jusqu’à 47°C relevés dans la cuisine d’une crèche municipale, dépourvue de ventilation.

Dans cet établissement : - 6 bébés ont présenté des symptômes graves liés à la chaleur (fièvres, diarrhées) ; - 3 agents ont fait des malaises ayant donné lieu à des déclarations d’accident de service, dont l’agent en charge de la préparation des repas.

Face à cette situation, la Directrice de l’établissement — infirmière de formation, ce qui lui a permis d’identifier rapidement la gravité des symptômes — a évoqué la possibilité d’un droit de retrait. Cette évocation n’a jamais été formellement mise en œuvre : l’équipe a continué à faire fonctionner la crèche, malgré des conditions dégradées, par sens du service public.

Un renouvellement validé, puis annulé

Le 11 juin 2026, sa demande de renouvellement de contrat avait été signée conjointement par la Direction de la Petite Enfance et par l’intéressée elle-même, sur la base d’un rapport hiérarchique évaluant tous les critères comme « très satisfaisant » et recommandant explicitement un nouvel engagement d’un an.

Le 22 juillet 2026, soit plus d’un mois plus tard et sans respect du délai légal de notification de deux mois, le non-renouvellement lui a été annoncé oralement, sur place, sans motif écrit.

Une dissonance que la CGT dénonce

Le conseil municipal a publiquement salué et applaudi l’engagement des agents de la Ville pendant la canicule. La CGT constate aujourd’hui l’écart entre ces mots et les actes : une collègue qui a protégé la santé de bébés et de collègues se retrouve sans emploi, quelques semaines après avoir été formellement félicitée pour son travail.

Pourquoi nous rendons cette lettre publique

Cette diffusion large vise avant tout à protéger nos collègues : personne ne doit craindre de sanction pour avoir alerté sur un danger pour la santé des enfants et des agents dont elle a la responsabilité. C’est un devoir d’alerte, pas une menace.

La CGT demande la réintégration de notre collègue et rappelle que l’exercice, même évoqué, d’un droit fondamental ne peut jamais justifier une sanction déguisée.

La CGT reste mobilisée aux côtés de tous les agents de la Petite Enfance et de l’ensemble des services de la collectivité.